Citation du camarade Jean-Claude VINCENT, sur
“Le parti communiste français en reste aux généralités, en attente de réponses extérieures à lui-même. Il n’insinue pas d’idées de dépassement dans les failles ouvertes – pour combien de temps – des certitudes du capitalisme et de ses aliénations que nous portons, pour une part, tous et toutes en nous. Il ne sait plus qui et pourquoi il est, qui il représente ni de qui il est l’émanation historique. Il est en manque de repères nouveaux. Baissant la garde idéologique, au nom du pluralisme des idées, au lieu de la renouveler, il se croit alors capable de rassembler le « peuple », majoritairement, en utilisant des mots, symboles d’une transformation, vidés de leurs sens.”
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Le texte qui clôture notre 34eme congrès n’est en effet qu’une suite de mots, pas besoin d’être Lapalisse pour le souligner. Ce texte, de lui-même, ne modifiera rien, et surtout pas le rapport des forces qui s’opposent. Prétendre que ce texte n’a pas de contenu, ou qu’il est fade et sans portée, qu’il ne répond pas aux attentes des peuples n’a pas, non plus, beaucoup de sens. Ce projet est une invitation à nous mettre au boulot, à militer, à nous associer aux multiples luttes qui ont lieu, très concrètement, sur tous les lieux de productions, intellectuelles ou manuelles. La fin de ce congrès marque le début de ce que nous, militantes et militants avons à faire et à défaire. Et c’est bien là que le bât blesse. Car une fois terminés ce déluge de contributions, cette ronde de réunions et de rodomontades, qu’allons nous faire et ne pas faire ? Continuer d’ergoter sur un texte ? Produire une énième théorie ? Ou bien être présent sur les marchés, à la sortie des usines, des lycées, allons nous grossir les rangs des manifestations, hisser nos drapeaux rouges, ou bien se contentera t-on d’en suivre les résumés au JT, en déplorant le peu de mobilisations…
Oui c’est là notre faiblesse. Trop peu de militants, à peine suffisamment de cotisants, beaucoup trop de communistes d’opérette, timides et complaisants. Absents aux réunions, pas disponibles pour tracter, occupés par des obligations personnelles, liste de courses, match de football, mais pour le coup de force, personne ! Qu’en est-il de l’intensité et de la sincérité de notre engagement ? C’est là qu’il faut questionner camarade et non sur la position de la virgule ou sur l’emploi ou la portée de tel ou tel adjectif ! Si ce n’était mon aversion du mao-lénino-trotskysme, il y-a belle lurette que j’aurais grossis leurs rangs. A notre gauche, au moins, çà bouge, on joue des coudes, pas de retraite, on a pas bradé sa combattivité contre un bout de carte ou un bulletin de vote.
Et puis il faut aussi questionner nos élus. N’est-il pas plus simple d’être communiste dans une municipalité de droite, plutôt que dans une ville de gauche ou à majorité communiste ? Qu’en est-il de la démocratie participative quand les sections ne sont pas même associées aux travaux de leurs délégués ? Ce pouvoir délégué n’est-il pas confisqué ? Par ceux-là même qui ont fait appel à nos petits bras pour tracter pendant les campagnes. Qui ensuite nous rétorquent que nous ne disposons d’aucun mandat pour mettre notre nez dans les affaires. Que si nous le faisons, nous les mettrons en difficultés. Ceux-là qui une fois élus grâce à nous se cantonnent à une gestion tranquille, à une posture électoraliste. Ce 34eme congrès n’était qu’une ouverture, c’est à nous, militantes et militants, de lui donner du corps. Et non par la théorie mais par l’action, par notre courage, notre conviction, notre combattivité, notre volonté de créer des liens, y compris virtuels (multi-média). Il nous faut provoquer le débat, demander des comptes et clamer bien haut la souveraineté des assemblées de communistes sur les mandats électoraux.
Sans nous rien n’est possible.
Bien fraternellement.



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