17/12: la bille s’est stabilisée sur la roue de la fortune

Le sommet de Copenhague ressemblera décidément beaucoup au fonctionnement du GIEC (le groupe d’experts sur le climat) : à chaque fois qu’un nouveau jeu de scenarii est étudié, le ”pire” précédent devient le nouveau “meilleur” qui s’offre à nous !

Aujourd’hui, c’est notre cher président qui a sonné le glas du sommet, toujours sous des aspects (communication) particulièrement “positifs”, en prononçant son discours à la tribune de l’ONU. Tantôt accusateur, tantôt volontariste, mais toujours dans les postures. On peut toujours attendre un discours réellement subversif de la part du Nord: il ne viendra jamais que du Sud… et on parle de transfert de connaissances en ne pensant que “Nord-Sud”. Changeons de paradigmes !

Son discours a été on ne peut moins prévisible, même si le ton a pu donner envie d’y croire, sous la forme du “j’accuse” de Émile Zola. Il n’apporte rien de réellement nouveau en reprenant les “ambitions” européennes. Aucun engagement sur la réduction des Gaz à Effet de Serre (GES).

Dernier pseudo-espoir : il a sollicité une réunion des leaders internationaux cette nuit. Mais la question qui revient est celle que Yannick Jadot exprime clairement : “Cette initiative a-t-elle été discutée avec les partenaires chinois et américains ? Le Président acte-t-il par là le report de la négociation des deux textes onusiens sur la table depuis 10 jours pour se concentrer sur une déclaration politique ?”. Et Yannick de rajouter dans son communiqué :

« Les scientifiques nous ont dit ce qu’il faut faire » a souligné le Président. Cela signifie de 25 à 40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 pour les pays riches, donc l’Europe, et au moins 100 milliards d’euros de soutien aux pays du Sud par an d’ici 2020, dont au moins 30  milliards pour l’Europe. Ce sont ces objectifs qu’on aurait aimé entendre à la tribune des Nations unies, ou en tout cas l’engagement de la France à ce que l’Europe les adopte.

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Nicolas Sarkozy conclu en reportant tout engagement juridiquement contraignant à dans six moins (Bonn) ou dans un an (Mexico)… Tout ce qu’il fallait ! Tout ça pour ça ! Mais comment ont-ils fait pour en arriver là ? J’emprunterai les mots d’Angela Navarro pour exprimer l’espoir que j’ai encore au fond du coeur ce soir : Halaila Pachamama ! Battons-nous pour la Terre-Mère !

Pendant ce temps, la déclaration de Hugo Chavez (Président du Vénézuela) fait peur par son réalisme : “Si le climat était une banque, vous l’auriez déjà sauvé !”. Et Rue89 de titrer “Copenhague : Obama va tout nu au sommet sur le climat“. Il ne nous reste plus qu’à creuser encore plus profondément les fossés qui séparent les peuples de leurs dirigeants, à montrer de manière encore plus forte que nous n’avons pas besoin d’eux pour avancer dans le bon sens.

Même si j’attendrais quand même demain pour le confirmer, rendez-vous dans six mois à Bonn en Allemagne pour continuer à mettre la pression ! Et chaque jour d’ici là pour faire avancer les consciences, les pratiques, les expérimentations, etc…

http://www.wat.tv/video/discours-president-francais-208wn_1hg7a_.html

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