

La journée du mercredi 16/12/2009 a été une journée pivot dans les négociations sur le climat de Copenhague. Après le refus de laisser entrer les représentants de certaines ONG parmi les plus importantes (ex: les Amis de la Terre et la Via Campesina) au coeur des négociations, la présidente danoise (ministre du climat et de l’énergie danoise) a démissionné de son poste au profit du premier ministre danois (Lars Rasmussen). Cette démission a fait chuter les espoirs des activistes, d’autant plus que la présidence danoise a court-circuité le processus de l’ONU (UNFCCC, connu sous les noms LCA et KP) en proposant deux textes et en annonçant la tenue de groupes de travail restreints.
Cette nouvelle a soulevé un taulé auprès des pays africains essentiellement. Ce sont ces mêmes pays que nous visions en priorité la semaine passée dans le cadre dela rédaction du “protocole des peuples sur le climat” pour leur donner l’énergie de relever la tête face aux tentatives de rachat financier par les pays industrialisés du Nord. La conformité de ces deux textes avec les demandes américaines n’y est peut-être pas pour rien :
- Aucune perspective nationale contraignante de réduction de Gaz à Effet de Serre (GES) mais uniquement un objectif international, tel que craint dès la semaine passée,
- Aucune règle de comptage des GES n’est établie, permettant toutes les manipulations possibles,
- Pour les pays du Sud par contre, rien d’équitable, les MRV (Mesure, Retour d’informations et vérification) seraient plus contraignantes,
- Quant au financement sur du long terme : on trouve dorénavant un “X milliards de dollars”. C’est une “bonne nouvelle” toute relative dans la mesure où rien ne figurait jusqu’à présent dans cette dimension.
Puisque ce sommet semble être celui des négociations secrètes, Meles Zenawi, le premier ministre Ethiopien, a renconté Nicolas Sarkozy mardi à Paris… Cette rencontre a aussi fait réagir les chefs d’État du continent africain. A priori, la manoeuvre de M. Sarkozy visait à faire accepter son projet de taxation financière pour financer un fond climat. Il voudrait que les pays africains défendent cette idée au sein du G77.
Un des problèmes majeurs de la diplomatie internationale reste que la présidence américaine n’est pas en capacité d’accepter cette proposition à Copenhague: Mr Obama ne pourra pas décider avant le vote du Congrès US sur la loi climat.
Alors que ce matin (jeudi 17/12/2009) l’ambiance a changé radicalement au Bella Center : les ONG ne sont plus là. Lorsque les décideurs influants arrivent à Copenhague, les lobbyistes climatiques sont remerciés… Comme dirait Jade (de Copenhague à vif(s)) : “bienvenue dans l’Etat policier Danois !”
Une citation qui résume bien la situation : “L’Europe parle de carbone et de croissance, l’Afrique parle de survie et de développement” selon Michel Takam, délégué d’une ONG africaine.
PS: une petite frayeur se rajouter à ce triste bazar : le nucléaire semble s’inviter sur les tables des négociations… Alors ce post est dédié aux Touaregs du Niger dont le désert est volé par AREVA pour l’extraction d’uranium… mais aussi aux habitants d’Ukraine qui continuent de se promener avec leur détecteur de rayonnement.